mercredi 21 juillet 2010

Fatal


Dans la série "les films que je vais voir bien après leur sortie"...

Ce soir, j'étais un peu dans l'obligation d'aller au cinéma. Il me restait, en effet, une place sur ma carte d'abonnement qui menaçait d'expirer dans quelques jours. C'est ainsi que je me suis retrouvé à donner sa chance à un film sur lequel j'avais pourtant de bonnes raisons d'être sceptique (je garde un souvenir douloureux de La Beuze) : Fatal.

Sans surprise, le scénario ne brille par sa consistance, et la morale un peu niaise qui s'en dégage n'arrange pas sa crédibilité. Ça part un peu dans tous les sens, sans pour autant s'écarter d'un schéma "déchéance et come back" convenu.

Il n'en reste pas moins que Fatal a cette grande qualité de distribuer les vannes sans compter. On sent que Youn a pris les commandes du projet et l'on retrouve parfois un peu de la folie des grandes heures du Morning Live. Si l'ensemble est extrêmement inégal, le film nous offre donc - surtout dans sa première partie - quelques moments de fulgurance comique qui valent le détour. La séquence d'introduction est, à ce niveau-là, des plus réussies.

Verdict :

mercredi 14 juillet 2010

Toy Story 3


Les années ont passé depuis les premières aventures de Woody et ses amis. Andy part pour l'université, et l'avenir de nos jouets est bien incertain...

En 1995, les studios Pixar marquaient l'histoire du cinéma en sortant Toy Story, premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse. Mais plus encore que par ses prouesses techniques, Toy Story a révolutionné le cinéma d'animation par sa modernité, son inventivité et son humour détonant. Quinze ans plus tard, le jeune public qui a été bercé par les aventures de Woody et Buzz l'Eclair a grandi. Mais les studios Pixar n'ont rien perdu de leur talent.

Toy Story 3 clôt en effet la saga avec cette incroyable générosité qui caractérise chacune des sorties du studio californien. Dès la séquence d'ouverture, on assiste à une véritable démonstration de mise en scène, sur un rythme ébouriffant. La barre est placée très haute, mais la suite est loin de décevoir : c'est un enchaînement irréprochable d'instants de bravoure et de vannes bien placées, témoins d'une créativité inépuisable et terriblement excitante.

Mais Toy Story 3 nous réserve aussi quelques instants d'émotions. Avec le départ d'Andy, les thèmes du temps qui passe et de l'abandon ressurgissent inévitablement. Bien qu'un peu mis entre parenthèses dans la partie centrale du film, la justesse de leurs traitements donne lieu à quelques moments de pure grâce. Toy Story 3 est ainsi traversé par un doux parfum de nostalgie qui en fait peut-être l'épisode le plus mémorable de la trilogie.

La seule réserve concerne la 3D, qui sert surtout à ternir les couleurs du film au bénéfice d'un effet de relief très, très moyen. Le succès d'Avatar va-t-il condamner le grand public à payer au prix fort des projections en 3D dont l'intérêt est plus que douteux ? Il semblerait que la machine soit en marche... Allez, oubliez ce coup de gueule et courez voir Toy Story 3 (en 2D si vous le pouvez) : de tels bonheurs cinématographiques sont trop rares pour s'en priver.

Verdict :

dimanche 4 juillet 2010

Tournée


Producteur devenu indésirable à Paris, Joachim revient en France pour y présenter un spectacle de strip-teaseuses New Burlesque.

Auréolé d'un prix de la mise en scène au festival de Cannes, Tournée débarque enfin sur nos écrans. L'originalité de ce film est de mettre en scène d'étonnantes strip-teaseuses, aux formes rondes et à l'exubérance détonante.

Tournée n'est cependant pas, à proprement parler un film, sur le New Burlesque : ce n'est pas tant la scène qui intéresse Mathieu Amalric que l'envers du décor. La caméra ne cesse de fureter dans les coulisses pour y capter la magie d'un bonheur fugace, la beauté d'une émotion éphémère. Et c'est bien à partir de l'éphémère que le réalisateur écrit sa grande aventure humaine : celle d'un homme à la dérive, qui comprend finalement qu'il n'a plus rien à attendre des ruines de son passé. Que sa place est là, avec ces filles qui le protègent d'un amour bienveillant.

Flamboyantes et impétueuses, elles sont l'excellente surprise de Tournée. Si les rares moments de show sont l'occasion d'admirer leur beauté, toute en rondeur et en formes voluptueuses, ce sont surtout leurs échanges qui donnent lieu aux séquences les plus intéressantes. Leurs facéties ne manquent pas de faire souffler un vent de fraîcheur sur l'ensemble du film, mais on devine, derrière l'exubérance de façade, beaucoup de pudeur et de sensibilité. Tout le mérite de Tournée est alors de privilégier la poésie de la suggestion au prosaïsme de la démonstration.

Et puis, au milieu de ce bouillonnement, il y a Joachim, paumé, maladroit, et perpétuellement dépassé par les événements. Y compris par les filles de son propre spectacle, qui n'ont de cesse de lui répéter "it's our show". Il y a toutefois en lui une volonté farouche de faire du mieux qu'il le peut, une forme de courage qui a quelque chose d'admirable.

A la fois lumineux et désenchanté, Tournée est de ces films qui touchent avec une simplicité confondante. Mathieu Amalric n'a assurément pas volé sa distinction cannoise. Espérons que le public lui réserve, à son tour, l'accueil qu'il mérite.

Verdict :

dimanche 27 juin 2010

Dog Pound


Le quotidien d'Angel (15 ans), Butch (16 ans) et Davis (17 ans), tous trois envoyés à la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale.

Pour son deuxième long métrage, le jeune réalisateur Kim Chapiron a choisi de s'atteler, avec ce film carcéral, à une véritable œuvre de genre. Un choix assumé, puisqu'entre scène de fouille et tabassage en règle du nouveau, aucun passage obligé ne manque à l'appel. A ceci près que la fourrière dont il est question dans le titre n'accueille que des mineurs délinquants.

Peu avare de détails sur la vie quotidienne de ces centres de détention, Dog Pound est un film très documenté, qui ambitionne avant tout de donner la meilleure représentation possible de la réalité. Et la réalité d'Enola Vale, c'est une violence physique et psychologique de tous les instants, ici livrée brut de décoffrage. C'est aussi la loi du silence, règle supérieure à toute autre, sans que jamais elle ne soit expressément formulée.

Reste qu'en choisissant cet angle d'attaque quasi-documentaire, Kim Chapiron semble également avoir refusé toute implication. On devine en filigrane l'idée selon laquelle de telles conditions de détention ne font qu'ajouter à la révolte de ces adolescents. Mais il manque à Dog Pound la force d'un propos que le réalisateur semble fuir à chaque instant.

Si elle n'est pas exempte de maladresses (l'utilité de certaines scènes-gadgets est assez discutable), cette plongée en apnée à Enola Vale n'en reste pas moins une expérience forte. Le mérite en revient en grande partie à des acteurs littéralement habités, Adam Butcher en tête, véritable incarnation d'une rage froide et intérieure, prête à exploser au moment où l'on ne s'y attend le moins. Et puis il y a cette scène finale, d'une rare intensité...

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mercredi 23 juin 2010

L'Agence Tous Riques


Les membres de l'Agence Tous Risques se retrouvent accusés à tort dans une sombre affaire autour d'une planche à billets égarée en Irak. Leur mission est simple : organiser leur évasion et prouver leur innocence.

L'été revient, et avec lui son cortège de blockbusters américains voués à faire un carton dans les salles obscures. Attendu avec une certaine fébrilité tant les adaptations de séries télévisées peuvent être inégales, l'Agence Tous Risques est le premier à se lancer dans la bataille.

On se souvient que la série avait bâti son succès sur un mélange d'action musclée et d'humour potache. Le film applique la méthode à la lettre en prenant le parti de l'exploiter au maximum, et c'est sûrement ce qu'il y avait de mieux à faire. Car force est de reconnaître que ce passage au grand écran fonctionne bien... du moins le temps d'une première heure, où l'équilibre entre vannes et scènes d'action à grand spectacle est assez réussi. On remarquera d'ailleurs le soin apporté à la séquence pré-générique, particulièrement convaincante.

Mais qui dit grand écran dit aussi nécessité de convaincre sur une durée proche de deux heures, soit plus du double d'un épisode de la série télé. Et sur la distance, les deux principaux défauts du film sautent aux yeux : d'une part, un scénario balourd et inutilement confus ; d'autre part, une surenchère pyrotechnique qui, à la longue, finit par fatiguer. Et l'Agence Tous Risques de s'essouffler inexorablement...

Les rafraîchissantes interprétations de Liam Neeson (Hannibal Smith) et Bradley Cooper (Futé), permettent toutefois de passer un moment sympathique à défaut d'être inoubliable. Quinton Jackson, en revanche, est loin d'éclipser Mister T. dans le rôle de Barracuda (il est vrai que cet héritage n'est pas facile à assumer).

L'Agence Tous Risques fait donc son boulot de blockbuster américain, ni plus, ni moins : c'est somme toute divertissant, c'est aussi très vite oublié.

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dimanche 30 mai 2010

La Tête en Friche


Brave homme un peu benêt, Germain vit de petits boulots dans son village natal. Un beau jour, il fait dans un parc la rencontre de Margueritte qui, du haut de ses 95 ans, l'initie aux plaisirs de la lecture.

Jean Becker a trouvé avec le roman de Marie-Sabine Roger une idée de scénario que l'on croirait faite sur mesure. On retrouve dans La Tête en Friche tout ce qui a pu faire le charme et le succès de ses précédentes réalisations : un ton résolument humaniste, des gens simples, une France des clochers et des petits bistrots.

Et une fois encore, l'ensemble est vraiment réussi. Le très beau sujet central du film, à savoir un homme qui se révèle à lui-même à travers la découverte des mots, est en effet traité de manière légère et élégante. Et si l'on rit souvent au détour de dialogues savoureux, c'est toujours avec une profonde bienveillance envers le personnage de Germain. On tient là un film très attachant, où Becker a mis tout ce qu'il pouvait de tendresse et de sincérité.

Mais La Tête en Friche est avant tout servi par un formidable duo d'acteurs. Le tandem Depardieu-Casadesus, aussi à l'aise dans le registre comique que dans l'émotion, dégage une étonnante complicité. On passe donc volontiers sur le trop plein de bons sentiments et les quelques maladresses (les flashbacks et les seconds rôles ne brillent pas par leur subtilité), pour mieux se laisser emporter par cette touchante fable humaine.

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dimanche 16 mai 2010

Robin des Bois


Alors que la mort de Richard Coeur de Lion plonge l'Angleterre dans le chaos naît la légende de Robin des Bois...

Perspective alléchante que ces retrouvailles de Ridley Scott et de Russell Crowe pour évoquer Robin des Bois, héros ô combien charismatique et stimulant pour l'imaginaire collectif. Mais oubliez tout de suite Kevin Costner en Prince des Voleurs, on raconte ici la naissance - supposée authentique - de la légende que nous connaissons tous. Oubliez aussi l'excellent Gladiator, car ce film lui est infiniment inférieur.

Entre une histoire d'amour à l'érotisme aussi torride qu'un Mr Freeze, une magouille politique dont le manichéisme renvoie Star Wars dans son bac à sable, deux batailles plus un guet-apens où pratiquement aucune goutte de sang n'est versée et un trauma d'enfance à deux centimes, Ridley Scott n'a pas vraiment été gâté sur le plan scénaristique. Le résultat est un film long et indigeste, où les personnages sont tous aussi transparents les uns que les autres (la palme revient aux compagnons de Robin, totalement inutiles), et qui ne se laisse regarder que parce que les images sont parfois jolies. Comme argument, c'est un peu mince...

Remarquons l'inoubliable bataille finale où le film atteint, bien malgré lui, des sommets de ridicule. C'est à ne pas manquer si vous n'avez jamais vu un débarquement de Français façon "soldat Ryan" au XIIIème siècle, ou si vous n'avez jamais pu admirer un archer atteignant sa cible à plusieurs kilomètres de distance. Le tout réalisé à grands coup de travellings avant aériens, parce que quand même, les travellings avant aériens, c'est super spectaculaire.

Pour faire simple, ce Robin des Bois est une pure déroute. Une vraie de vraie, comparable à celle que subissent les Français face à une terrifiante armée de gamins et de paysans à la fin du film.

Verdict :