dimanche 15 août 2010

L'Arbre


Peter, Dawn et leurs quatre enfants vivent heureux en Australie. Mais le décès brutal de Peter va faire peser un lourd deuil sur la famille. Parmi les enfants, Simone, 8 ans, imagine que son père s'est réincarné dans l'immense arbre qui borde la maison familiale.


Rythme lent, photographie somptueuse et innombrables plans de la nature australienne... L'Arbre est un film contemplatif, dont la grande qualité est de laisser le temps au spectateur de s'imprégner de son ambiance et de son esthétisme. On peut se contenter de profiter des très jolis plans qui émaillent cette histoire de deuil familial.

On peut aussi se demander s'il ne s'agit pas d'un artifice servant à combler d'évidentes faiblesses scénaristiques. Difficile, en effet, de se passionner pour ces personnages inconsistants, ces enjeux faibles et mal définis. Avec ses incursions à la limite du fantastique, L'Arbre voudrait être une fable ; il n'en a ni la portée, ni la profondeur.

Surtout, la moralité qu'il tente de nous asséner est plus que discutable. Dans le deuil, l'autre n'est que danger, et le salut se trouve dans le seul repli à l'intérieur de la cellule familiale. Pour un film qui passe son temps à nous montrer la splendeur des grands espaces australiens, on pouvait attendre quelque chose d'un peu plus libre et lumineux que cette conclusion terriblement conservatrice.

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dimanche 25 juillet 2010

Inception


Dom Cobb est capable de s'introduire les rêves pour y dénicher les secrets les plus enfouis. Très impliqué dans le milieu de l'espionnage industriel, il est aussi un fugitif traqué dans le monde entier. Une mission périlleuse lui permettrait de retrouver une vie normale : il s'agit d'implanter une idée dans le cerveau de l'héritier d'une multinationale de l'énergie.

Cette nouvelle réalisation de Christopher Nolan repose sur un postulat aussi original qu'excitant : il est possible de s'introduire dans les rêves pour découvrir les pensées secrètes de chaque individu... ou y implanter une idée. Si Inception emprunte à un certain Matrix sa manière de superposer à la réalité des univers parallèles, sa mécanique est bien plus complexe et implacable. Il serait donc vain - et à vrai dire un peu dommage - d'essayer d'expliquer plus en détail sa trame scénaristique : Inception est de ces films-expériences qui se vivent plus qu'ils ne se racontent.

Le talent de Christopher Nolan y trouve matière à s'exprimer pleinement. Dans son ambition visuelle tout d'abord, le film étant ponctué de séquences incroyablement spectaculaires et jamais vues auparavant. Mais aussi dans la maîtrise de la narration : si le scénario joue de la mise en abîmes, si ses ramifications s'enchevêtrent, la complexité n'est ici jamais synonyme de confusion ; elle est au contraire le vecteur d'une profondeur vertigineuse. Captivant, rythmé et haletant, Inception est un film d'une totale virtuosité, une œuvre brillante qui porte la signature d'un réalisateur surdoué.

Nous terminerons en soulignant la prestation de Leonardo Di Caprio, dont le rôle résonne comme un amusant écho à celui qu'il tenait dans Shutter Island. Dans ce registre de personnage trouble et torturé, sa composition crève une fois de plus l'écran. Décidément, la carrière de Leo relève plus que jamais du sans-faute...

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mercredi 21 juillet 2010

Fatal


Dans la série "les films que je vais voir bien après leur sortie"...

Ce soir, j'étais un peu dans l'obligation d'aller au cinéma. Il me restait, en effet, une place sur ma carte d'abonnement qui menaçait d'expirer dans quelques jours. C'est ainsi que je me suis retrouvé à donner sa chance à un film sur lequel j'avais pourtant de bonnes raisons d'être sceptique (je garde un souvenir douloureux de La Beuze) : Fatal.

Sans surprise, le scénario ne brille par sa consistance, et la morale un peu niaise qui s'en dégage n'arrange pas sa crédibilité. Ça part un peu dans tous les sens, sans pour autant s'écarter d'un schéma "déchéance et come back" convenu.

Il n'en reste pas moins que Fatal a cette grande qualité de distribuer les vannes sans compter. On sent que Youn a pris les commandes du projet et l'on retrouve parfois un peu de la folie des grandes heures du Morning Live. Si l'ensemble est extrêmement inégal, le film nous offre donc - surtout dans sa première partie - quelques moments de fulgurance comique qui valent le détour. La séquence d'introduction est, à ce niveau-là, des plus réussies.

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mercredi 14 juillet 2010

Toy Story 3


Les années ont passé depuis les premières aventures de Woody et ses amis. Andy part pour l'université, et l'avenir de nos jouets est bien incertain...

En 1995, les studios Pixar marquaient l'histoire du cinéma en sortant Toy Story, premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse. Mais plus encore que par ses prouesses techniques, Toy Story a révolutionné le cinéma d'animation par sa modernité, son inventivité et son humour détonant. Quinze ans plus tard, le jeune public qui a été bercé par les aventures de Woody et Buzz l'Eclair a grandi. Mais les studios Pixar n'ont rien perdu de leur talent.

Toy Story 3 clôt en effet la saga avec cette incroyable générosité qui caractérise chacune des sorties du studio californien. Dès la séquence d'ouverture, on assiste à une véritable démonstration de mise en scène, sur un rythme ébouriffant. La barre est placée très haute, mais la suite est loin de décevoir : c'est un enchaînement irréprochable d'instants de bravoure et de vannes bien placées, témoins d'une créativité inépuisable et terriblement excitante.

Mais Toy Story 3 nous réserve aussi quelques instants d'émotions. Avec le départ d'Andy, les thèmes du temps qui passe et de l'abandon ressurgissent inévitablement. Bien qu'un peu mis entre parenthèses dans la partie centrale du film, la justesse de leurs traitements donne lieu à quelques moments de pure grâce. Toy Story 3 est ainsi traversé par un doux parfum de nostalgie qui en fait peut-être l'épisode le plus mémorable de la trilogie.

La seule réserve concerne la 3D, qui sert surtout à ternir les couleurs du film au bénéfice d'un effet de relief très, très moyen. Le succès d'Avatar va-t-il condamner le grand public à payer au prix fort des projections en 3D dont l'intérêt est plus que douteux ? Il semblerait que la machine soit en marche... Allez, oubliez ce coup de gueule et courez voir Toy Story 3 (en 2D si vous le pouvez) : de tels bonheurs cinématographiques sont trop rares pour s'en priver.

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dimanche 4 juillet 2010

Tournée


Producteur devenu indésirable à Paris, Joachim revient en France pour y présenter un spectacle de strip-teaseuses New Burlesque.

Auréolé d'un prix de la mise en scène au festival de Cannes, Tournée débarque enfin sur nos écrans. L'originalité de ce film est de mettre en scène d'étonnantes strip-teaseuses, aux formes rondes et à l'exubérance détonante.

Tournée n'est cependant pas, à proprement parler un film, sur le New Burlesque : ce n'est pas tant la scène qui intéresse Mathieu Amalric que l'envers du décor. La caméra ne cesse de fureter dans les coulisses pour y capter la magie d'un bonheur fugace, la beauté d'une émotion éphémère. Et c'est bien à partir de l'éphémère que le réalisateur écrit sa grande aventure humaine : celle d'un homme à la dérive, qui comprend finalement qu'il n'a plus rien à attendre des ruines de son passé. Que sa place est là, avec ces filles qui le protègent d'un amour bienveillant.

Flamboyantes et impétueuses, elles sont l'excellente surprise de Tournée. Si les rares moments de show sont l'occasion d'admirer leur beauté, toute en rondeur et en formes voluptueuses, ce sont surtout leurs échanges qui donnent lieu aux séquences les plus intéressantes. Leurs facéties ne manquent pas de faire souffler un vent de fraîcheur sur l'ensemble du film, mais on devine, derrière l'exubérance de façade, beaucoup de pudeur et de sensibilité. Tout le mérite de Tournée est alors de privilégier la poésie de la suggestion au prosaïsme de la démonstration.

Et puis, au milieu de ce bouillonnement, il y a Joachim, paumé, maladroit, et perpétuellement dépassé par les événements. Y compris par les filles de son propre spectacle, qui n'ont de cesse de lui répéter "it's our show". Il y a toutefois en lui une volonté farouche de faire du mieux qu'il le peut, une forme de courage qui a quelque chose d'admirable.

A la fois lumineux et désenchanté, Tournée est de ces films qui touchent avec une simplicité confondante. Mathieu Amalric n'a assurément pas volé sa distinction cannoise. Espérons que le public lui réserve, à son tour, l'accueil qu'il mérite.

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dimanche 27 juin 2010

Dog Pound


Le quotidien d'Angel (15 ans), Butch (16 ans) et Davis (17 ans), tous trois envoyés à la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale.

Pour son deuxième long métrage, le jeune réalisateur Kim Chapiron a choisi de s'atteler, avec ce film carcéral, à une véritable œuvre de genre. Un choix assumé, puisqu'entre scène de fouille et tabassage en règle du nouveau, aucun passage obligé ne manque à l'appel. A ceci près que la fourrière dont il est question dans le titre n'accueille que des mineurs délinquants.

Peu avare de détails sur la vie quotidienne de ces centres de détention, Dog Pound est un film très documenté, qui ambitionne avant tout de donner la meilleure représentation possible de la réalité. Et la réalité d'Enola Vale, c'est une violence physique et psychologique de tous les instants, ici livrée brut de décoffrage. C'est aussi la loi du silence, règle supérieure à toute autre, sans que jamais elle ne soit expressément formulée.

Reste qu'en choisissant cet angle d'attaque quasi-documentaire, Kim Chapiron semble également avoir refusé toute implication. On devine en filigrane l'idée selon laquelle de telles conditions de détention ne font qu'ajouter à la révolte de ces adolescents. Mais il manque à Dog Pound la force d'un propos que le réalisateur semble fuir à chaque instant.

Si elle n'est pas exempte de maladresses (l'utilité de certaines scènes-gadgets est assez discutable), cette plongée en apnée à Enola Vale n'en reste pas moins une expérience forte. Le mérite en revient en grande partie à des acteurs littéralement habités, Adam Butcher en tête, véritable incarnation d'une rage froide et intérieure, prête à exploser au moment où l'on ne s'y attend le moins. Et puis il y a cette scène finale, d'une rare intensité...

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mercredi 23 juin 2010

L'Agence Tous Riques


Les membres de l'Agence Tous Risques se retrouvent accusés à tort dans une sombre affaire autour d'une planche à billets égarée en Irak. Leur mission est simple : organiser leur évasion et prouver leur innocence.

L'été revient, et avec lui son cortège de blockbusters américains voués à faire un carton dans les salles obscures. Attendu avec une certaine fébrilité tant les adaptations de séries télévisées peuvent être inégales, l'Agence Tous Risques est le premier à se lancer dans la bataille.

On se souvient que la série avait bâti son succès sur un mélange d'action musclée et d'humour potache. Le film applique la méthode à la lettre en prenant le parti de l'exploiter au maximum, et c'est sûrement ce qu'il y avait de mieux à faire. Car force est de reconnaître que ce passage au grand écran fonctionne bien... du moins le temps d'une première heure, où l'équilibre entre vannes et scènes d'action à grand spectacle est assez réussi. On remarquera d'ailleurs le soin apporté à la séquence pré-générique, particulièrement convaincante.

Mais qui dit grand écran dit aussi nécessité de convaincre sur une durée proche de deux heures, soit plus du double d'un épisode de la série télé. Et sur la distance, les deux principaux défauts du film sautent aux yeux : d'une part, un scénario balourd et inutilement confus ; d'autre part, une surenchère pyrotechnique qui, à la longue, finit par fatiguer. Et l'Agence Tous Risques de s'essouffler inexorablement...

Les rafraîchissantes interprétations de Liam Neeson (Hannibal Smith) et Bradley Cooper (Futé), permettent toutefois de passer un moment sympathique à défaut d'être inoubliable. Quinton Jackson, en revanche, est loin d'éclipser Mister T. dans le rôle de Barracuda (il est vrai que cet héritage n'est pas facile à assumer).

L'Agence Tous Risques fait donc son boulot de blockbuster américain, ni plus, ni moins : c'est somme toute divertissant, c'est aussi très vite oublié.

Verdict :