dimanche 14 août 2011

La Planète des Singes : les origines


Chercheur dans un laboratoire, Will Rodman pense avoir trouvé, après avoir obtenu des résultats sur des chimpanzés, le remède contre la maladie d'Alzheimer. Mais un mauvais concours de circonstances va conduire sa hiérarchie à abandonner le projet. Après cet incident, Will se retrouve à adopter la progéniture d'une femelle sur qui a été testé le sérum.

Un prequel à La Planète des Singes qui sort en pleine saison des blockbusters estivaux, on peut a priori penser qu'il y a dans la démarche une bonne dose d'opportunisme commercial. Pourtant, ce film est en bonne place pour rester comme la très bonne surprise de cet été.

Ce n'est pas que ce long métrage sorte des sentiers balisés du divertissement hollywoodien. Avec son héros pas très charismatique à force d'être sympa et ses grosses ficelles qu'on voit arriver à des kilomètres (le singe qui arrange le coup avec la jolie brune !), l'orbite de cette Planète des Singes ne s'écarte pour ainsi dire jamais d'une trajectoire lui permettant de plaire au plus grand nombre.

Pour autant, cette réalisation a de sérieux arguments à faire valoir. Car si les moyens pour le dire sont un peu convenus, le fond du propos est des plus captivants. Véritable point d'ancrage du film, César est un chimpanzé dont les capacités intellectuelles ne cessent de se développer. Mais ce qui est au départ une faculté prodigieuse devient progressivement un lourd fardeau : tiraillé entre sa condition de primate et son intelligence quasi-humaine, César accepte de moins en moins son statut d'animal domestique. Pleinement conscient du potentiel tragique de ce personnage, le scénario prend le temps de raconter la lente ascension de son sentiment de colère et de révolte. L'empathie fonctionne à plein, et le film parvient à donner une âme à ce qui n'est pourtant qu'une pure création en images de synthèse.

Essentiellement concentrées dans la dernière demie-heure, les scènes d'action ne sont pas en reste et sont l'occasion pour Rupert Wyatt de faire la preuve d'un réel savoir-faire. Particulièrement à l'aise quand il s'agit de filmer les numéros de voltige des singes, le réalisateur sait aussi distiller ça et là de très belles idées de mise en scène. La cerise sur le gâteau pour ce film aussi marquant qu'inattendu.

Verdict :

vendredi 12 août 2011

Melancholia


Pour fêter le mariage de sa sœur Justine, Claire a organisé chez elle une somptueuse réception. Alors que la fête connaît quelques heurts, la planète Melancholia se dirige sur la Terre.

Et vous, que feriez-vous si la fin du monde était pour demain ? On s'est tous un jour posé cette question, pour finalement admettre sa futilité tant son postulat paraît absurde. C'est pourtant de cette idée qu'est parti Lars von Trier pour ce nouveau long métrage : Melancholia arrive droit sur nous et de notre belle planète, il ne restera que poussière.

Passée une longue séquence introductive où s'enchaînent de superbes et prémonitoires ralentis, le film est construit de manière symétrique, chaque partie s'attachant à montrer les fragilités de chacune des deux sœurs. La première, consacrée à Justine (Kirsten Dunst), la montre d'abord radieuse pour ce qui doit être le plus beau jour de sa vie. Mais d'un simple détail - une limousine incapable de négocier un virage - on comprend que rien ne se déroulera comme prévu. Les tensions personnelles vont éclater au grand jour, et l'on découvre progressivement une mariée totalement perdue, incapable d'enfiler les habits de cette vie heureuse qu'on voudrait lui faire porter. Un jeu de massacre que Von Trier observe avec un certain amusement, posant un regard presque bienveillant sur une héroïne dont les agissements ne sont jamais que l'expression d'un mal-être abyssal.

La deuxième partie s'attarde ensuite sur Claire (Charlotte Gainsbourg), qui nous a été présentée jusqu'alors comme raisonnable, équilibrée et terre-à-terre. Elle a recueilli chez elle Justine, en profond état de dépression, et déploie des trésors de patience pour l'aider à remonter la pente. Mais l'ordre des choses est bouleversé lorsque l'Apocalypse se fait imminent. Tandis que Justine accueille avec sérénité l'idée de cette fin absolue, Claire tend à perdre ses moyens, ne sachant comment agir sous l'effet d'une panique qui semble bien dérisoire. Où l'on découvre que les plus courageux ne sont pas forcément ceux que l'on croit...

Comme souvent chez Lars von Trier, c'est long : 2h10, c'est clairement trop pour ce que Melancholia veut nous dire. Mais il faut aussi reconnaître que le danois n'a rien perdu de son style. Si le genre humain est observé caméra au poing, dans un style quasi-documentaire largement inspiré du Dogme ; le réalisateur s'autorise également quelques images aux qualités plastiques somptueuses. Composées comme autant de tableaux, elles revêtent évidemment une forte portée symbolique.

On ne peut enfin passer sous silence le fait que Lars von Trier est inégalable quand il s'agit de tirer le meilleur de ses actrices : Kirsten Dunst (prix d'interprétation au festival de Cannes) et Charlotte Gainsbourg sont ici au sommet de leur art.

Verdict :

dimanche 7 août 2011

Super 8


Ohio, été 1979. Alors qu'ils tournent un petit film en Super 8, un groupe d'adolescents est témoin d'un spectaculaire accident de train. Celui-ci est suivi de phénomènes inexplicables.

J. J. Abrams ne réinventera pas le divertissement hollywoodien avec Super 8. Et pour cause, cette réalisation se veut avant tout un hommage appuyé à la mythologie spielbergienne - le grand Steven a d'ailleurs contribué à la production - telle qu'elle a été popularisée par des films comme Rencontres du Troisième Type, E.T. ou Jurassic Park. On sait donc à peu près sur quoi on va tomber et on n'est, à vrai dire, pas vraiment déçu : tout est ici réuni pour flatter les penchants les plus vintage de notre cinéphilie. Le film joue d'ailleurs volontiers, mais sans lourdeur aucune, la carte de la nostalgie. On y redécouvre une Amérique encore triomphante où la jeunesse écoute le Heart of Glass de Blondie dans son walkman et fredonne à tue-tête My Sharona.

Par les thèmes dont il est traversé (notamment celui de l'enfance blessée), Super 8 ne dépareillerait donc pas dans la filmographie de Steven Spielberg. Mais Abrams a su se réapproprier l'univers de son maître sans pour autant le dénaturer. On le sent ainsi très à l'aise dans sa réalisation, usant du lens flare et du hors-champ comme éléments fondamentaux de sa mise en scène. Surtout, il n'hésite pas à donner à son film une ambiance bien plus intimiste qu'attendue. Car la beauté de Super 8 ne réside pas tant dans sa trame principale, dont la fin est d'ailleurs bien vite expédiée, que dans la manière dont il dépeint les espoirs et les douleurs de ses personnages.

Toute la réussite de cette réalisation est là : donner une âme à ce groupe d'ados, finalement bien plus intéressant qu'un alien réduit à son expression la plus fonctionnelle. Il y a, évidemment, la question du deuil du personnage principal, sur lequel s'ouvre et se referme le film. Mais Super 8 n'est peut-être jamais aussi réussi que lorsqu'il montre l'énergie et la conviction que ces jeunes mettent à la réalisation de leur projet cinématographique. Il y a là, sans aucun doute, une part de vécu qui donne à chacune de ces scènes d'incontestables accents de sincérité. A ce propos, ne partez surtout pas pour le générique de fin...

Verdict :

mercredi 27 juillet 2011

Les Tuche


Dans la série "les films que je vais voir bien après leur sortie"...

Jeff Tuche met un point d'honneur à ne vivre que du chômage. Avec sa femme et ses trois enfants, il vit une existence heureuse dans la petite ville de Bouzolles, malgré de faibles revenus. Jusqu'au jour où les Tuche touchent cent millions d'euros à la loterie nationale et décident de s'installer à Monaco.

On l'aura deviné, les Tuche utilise le choc des cultures comme principal ressort comique, ainsi que l'avaient déjà faits de nombreuses comédies à succès avant lui (La vie est un long fleuve tranquille, Les Visiteurs, Bienvenue chez les Ch'tis...). Le problème, c'est qu'Olivier Baroux ne semble jamais vouloir s'émanciper des mauvaises habitudes de la comédie familiale à la française : prévisible, pas toujours drôle, truffé de clichés et plein de bons sentiments, son film ne brille pas par sa subtilité.

Oui mais voilà, il y a Jean-Paul Rouve. Arborant une coupe rappelant les plus belles heures du football des années 80, l'ex-Robin des Bois fait une nouvelle fois la preuve de son immense talent d'acteur et certaines de ses répliques - hélas dévoilées en partie par la bande-annonce - ne manqueront pas de provoquer de francs éclats de rire. C'est toujours ça de pris.

Verdict :

dimanche 24 juillet 2011

The Murderer


En bref...

A Yanji, ville d'une province chinoise coincée entre la Corée du Nord et la Russie, Gu-Nam mène une vie misérable de chauffeur de taxi. Endetté, il reste sans nouvelles de sa femme partie travailler en Corée du Sud. La pègre locale va lui proposer de l'aider à passer en Corée à condition d'y exécuter un contrat.

L'espace d'une première heure pleine de promesses, The Murderer est un thriller noir et inquiétant, à la mise en scène remarquable de précision. Jusqu'à ce que le film bascule dans une sorte d'auto-caricature bien involontaire, entre scènes de violence à l'arme blanche, aussi inutiles que complaisantes, et poursuites illisibles et grand-guignolesques.

Oubliez le scénario, c'est visiblement secondaire pour Hong-jin Na. De toute façon, on n'y comprend rien. Et à la rigueur, on s'en fout un peu tant on finit par ne plus se sentir concerné par ce déferlement d'hectolitres de sang.

Verdict :



(mais un bon 3 étoiles tout de même pour la première heure)

mercredi 20 juillet 2011

Harry Potter et les Reliques de la Mort 2ème partie


Emmenées par Lord Voldemort, les forces du Mal se font plus menaçantes que jamais. Harry Potter doit affronter son destin et se préparer à l'affrontement avec son ennemi de toujours.

On avait quitté la saga Harry Potter frustrés - et un peu agacés - par le premier volet de ces Reliques de la Mort. Fort heureusement, ce film réussit là où avait échoué son prédécesseur. A grands renforts d'effets spéciaux - souvent très impressionnants - David Yates parvient à donner à cette deuxième partie le souffle qui manquait tant à la première. Dans une ambiance générale résolument crépusculaire, HP 7.2 réunit tout ce que l'on pouvait attendre de ce dénouement : du spectacle, de l'action, de l'émotion. On ressort finalement de la salle en ayant l'impression d'en avoir eu pour son argent, y compris pour l'utilisation de la 3D, ludique sans être excessivement tape-à-l’œil.

Pour autant, ce film ne s'est pas débarrassé des défauts qu'on n'avait pas manqués de relever précédemment. La photo persiste dans le sombre et le grisâtre ; c'est toujours aussi moche et le port des lunettes 3D n'arrange rien. Daniel Radcliffe reste quant à lui désespérément inconsistant ce qui, on en conviendra, est assez gênant quand il s'agit d'incarner un héros. Le scénario est enfin totalement incompréhensible pour le moldu de base : si vous n'avez qu'un vague souvenir des épisodes précédents, tant pis pour vous, vous n'aviez qu'à réviser vos classiques.

L'heure du bilan a sonné avec cet ultime épisode. Et l'on ne peut s'empêcher de penser que Harry Potter souffre de la comparaison avec d'autres sagas à très grand spectacle auxquels on pense forcément (Star Wars, le Seigneur des Anneaux). Il n'est guère besoin de beaucoup de recul pour s'apercevoir que l'ensemble des huit films manque cruellement de l'unité et de la cohérence qui caractérisent ces quelques références. Avec quatre réalisateurs différents au total, il faut dire que c'était presque mission impossible...

En procédant à ces adaptations à la hâte, Hollywood s'est sûrement privé d'une véritable vision artistique qui, combinée à la matière des romans de JK Rowling, aurait pu donner naissance à de grands films. Mais qu'importe, l'honneur du box-office, lui, est sauf.

Verdict :

dimanche 10 juillet 2011

Hanna


A 16 ans, Hanna a toujours vécu loin de tout dans une forêt du cercle arctique. Elevée par son père, un ex-agent de la CIA, elle a appris les techniques de survie et de combat qui font d'elle une véritable machine à tuer. Un enseignement qui la prépare à affronter le monde extérieur, qu'elle ne connaît qu'à travers les encyclopédies.

Ne vous fiez pas à ses allures de film d'espionnage. Penchant sauvage et féminin de Jason Bourne, Hanna (interprétée par la jeune et prometteuse Saoirse Ronan) est avant tout l'héroïne d'un conte moderne, suggéré par une symbolique omniprésente. En découvrant un monde inconnu, elle va partir à la recherche de sa propre identité et affronter ses peurs les plus profondes. Très original, le résultat peut être parfois déroutant mais captive toujours.

Pour illustrer cette étrange aventure initiatique, Joe Wright développe un univers visuel épuré, donnant à cette réalisation une élégance glacée et minimaliste. Mais Hanna est bien loin d'être un iceberg insondable : le film est ponctué de parenthèses délicates, où le soleil inonde l'écran comme pour accompagner l'éveil au monde de l'héroïne. Elément essentiel de cette démarche artistique, la musique des Chemical Brothers constitue une bande-son idéale pour ce récit.

Dommage, alors, que le scénario soit réduit à un simple prétexte pour un exercice de style, certes très réussi, mais qui apparaît du coup un peu gratuit. Le film est ainsi bien moins convaincant quand il doit résoudre, contraint et forcé, ses quelques enjeux dramatiques. Hanna n'en reste pas moins une expérience cinématographique forte et originale qui, à ce titre, se démarque très favorablement au milieu d'une armée de blockbusters estivaux.

Verdict :